Halte aux Marées Vertes
- 16 juillet 2018 à 17:19

 

A Aurore,

 En cette année 2008, à Hillion, que la plage est belle sous juillet ! Le sable trace son infini jusqu'aux bordures de l'horizon. La mer au loin, congédiée, peine à reprendre sa course. Ce 12 juillet, la plage sous le soleil t'appelait, toi, mais pas seulement toi. Coyote et Cheyenne piaffaient et bondissaient tour à tour, lançaient leurs grosses pattes sur tes épaules pour mieux t'enlacer. Tu titubais sous ces élans d'affection et de gratitude. Car, les chiens comme les hommes ne se nourrissent pas seulement de croquettes ou de hamburgers. Ils ont faim de ces grands espacesoù la vie semble ne jamais finir. Enfin, ils pouvaient avaler à grandes goulées et à tire-pattes toutes ces étendues à perte de vue ! Comment auraient-ils pu savoir, comment aurais tu pu savoir que cette étreinte était leur baiser d'adieu ?
 Là-bas, loin, à perte de vue, tu distingues quelques tâches noires furtives, rapides, qui se suivent, s'éloignent, se croisent, se rapprochent, enfin se fondent dans l'horizon. Puis, plus rien. Tout est calme. C'est tout juste si tu remarques ces tas blanchâtres qui flottent sur la plage au gré des marées. C'est tout juste si tu sens cette odeur forte, désagréable, qui te parvient par saccades au gré du vent marin. Toi qui viens souvent ici, tu en as l'habitude. La familiarité des lieux rend tout ordinaire. Toute à toi, tu marches en rêvassant, loin de toutes tes préoccupations du jour ou du lendemain. Dans cet intervalle de temps suspendu, tu ne comptes plus les minutes, peut-être même les heures...
 Pourtant, il faut bien sortir de ces moments de relâchement et de rêveries cueillis à l'improviste dans ce petit coin de la baie de Saint-Brieuc. La vie sociale reprend ses droits. Il faut rentrer. 

- Coyote, Cheyenne, revenez ! On rentre à la maison !

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laitue demer

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