Halte aux Marées Vertes
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Source Ouest France, Franck JOURDAIN Retrouvez la suite de l'article sur le site de Ouest France 

La filière porcine et les services de l’État se préparent au pire : la détection d’un cas de peste porcine africaine (PPA). Un exercice en conditions réelles s’est tenu en Bretagne en 2020, suivi de nombreux travaux. La restitution finale a eu lieu il y a quelques jours.

Pour l’instant, la France est totalement indemne de la peste porcine africaine (PPA), cette maladie virale hautement contagieuse pour les suidés – sangliers sauvages et porcs domestiques – mais sans dangers pour l’homme. Le virus est présent en Europe depuis plusieurs années sur ses territoires de l’est, en Roumanie, Pologne, Allemagne… Mais jusqu’à quand ?

Les professionnels et les services de l’État étudient depuis plusieurs mois les dispositifs organisationnels, techniques et humains à mettre en œuvre pour faire face à la PPA. Ils l’ont fait en situation réelle, dans un vrai élevage naisseur engraisseur (460 truies) du Nord-Finistère. Dans leur scénario, l’éleveur découvre, le 30 juin 2020, plusieurs porcs charcutiers morts dans une salle d’engraissement.

Aller très vite

Il alerte immédiatement son vétérinaire, qui observe des lésions caractéristiques de PPA. La direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Finistère est informée et les cas confirmés. En lien avec les professionnels, la préfecture déclenche un plan d’urgence sanitaire (PISU), qui sert de cadre lors de la survenue d’une maladie animale à plan d’urgence (fièvre aphteuse, peste aviaire, peste porcine).

Tout doit aller très vite pour éviter la propagation rapide du virus dans une région de forte production. Dans le cadre de ce PISU rebaptisé PI-ZHU (« soie de cochon » en chinois), « le préfet met en place dans la journée deux zones par arrêté : l’une de protection, dans un rayon de 3 km autour de l’élevage source (douze exploitations), l’autre de surveillance, dans un rayon de 10 km (146 élevages) », explique Laurie Detrimont, de l’Organisation sanitaire Porc Bertagne.

Tout mouvement d’animaux est interdit pour trente à quarante jours. Les éleveurs concernés sont alertés par SMS qu’une réunion en visioconférence est programmée, à leur intention, dans la soirée. Les animaux de l’élevage « source » sont euthanasiés sur place, les élevages des zones visités pour vérifier s’ils ne constituent pas d’autres foyers. Les chasseurs effectuent des battues à la recherche de sangliers morts pour s’assurer qu’ils ne sont pas porteurs du virus.

1 million d’euros pour l’éleveur

Ces derniers mois, six groupes de travail constitués de professionnels et de représentants de l’État ont continué de plancher. « Il en ressort que plusieurs points restent à creuser », explique le spécialiste du sanitaire de la DDPP 29, Loïc Gouyet. Il évoque la nécessité de « développer sans attendre une appli numérique qui permettra aux vétérinaires de remonter instantanément leur compte rendu d’élevages des zones réglementées ».

Et il insiste sur la nécessité, pour les éleveurs, « d’accélérer sur la biosécurité (étanchéification des élevages pour les rendre imperméables à tout contact avec un sanglier contaminé, N.D.L.R). Il faut avoir à l’esprit que seule une biosécurité efficace limitera la propagation du virus ». Pour les professionnels, se posent les conséquences économiques de la survenue d’une telle crise.

La facture peut être très salée pour l’éleveur « source » – autour d’1 million d’euros entre la désinfection, les pertes d’exploitation, le repeuplement (il existe heureusement des dispositifs d’aides) – et lourde pour les éleveurs des zones réglementées. Un ou des cas de PPA devraient également toucher l’économie porcine : fermeture de marchés à l’export, baisse de prix du porc. C’est le ciel qui tombe sur la tête du secteur. Mais tout ça n’est qu’une simulation. Pour l’instant.

©Ouest France

Admin2 - 23 décembre 2021 à 11:48

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