Halte aux Marées Vertes

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Des plans d’action “mal définis” qui n’ont qu’un “impact limité” : voilà le constat sévère dressé ce vendredi par la Cour des comptes, qui estime que l’État n’en fait pas assez pour lutter contre les algues vertes en Bretagne.

Cela fait 50 ans que le problème est récurrent et dangereux : la prolifération des algues vertes dans des dizaines de sites côtiers en Bretagne, principalement dans les Côtes d'Armor et le Morbihan. Ce vendredi, la Cour des comptes publie un rapport très sévère à l'encontre de l'État. L'institution note "l’impact limité" des deux plans anti-algues vertes mis en place depuis 2010 par l’État et les collectivités locales dans huit baies bretonnes, avec selon elle des "objectifs mal définis" et des "effets incertains sur la qualité de l’eau". Certes, entre 2007 et 2020, on a observé une légère tendance à la baisse des échouages d’algues vertes sur les sites sableux, mais ils augmentent dans les vasières notamment dans le Golfe du Morbihan.

90% de la pollution d'origine agricole

Le lien entre l’agriculture intensive et les marées vertes n’est plus à démontrer et le rapport rappelle le consensus scientifique autour de cette question. Les nitrates d'azote et de phosphore présents dans les engrais agricoles et les déjections animales des élevages se déversent dans les fleuves côtiers et sont charriés jusqu’à l’océan où ils agissent comme des supers fertilisants pour les algues vertes dans des baies peu profondes. 

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Lorsqu’elles s’échouent sur la côte et pourrissent, ces algues vertes dégagent du sulfure d'hydrogène, un gaz potentiellement mortel. Le rapport rappelle d'ailleurs plusieurs morts suspectes depuis 1989, potentiellement liées aux algues vertes. "Les travaux scientifiques montrent que seule une action sur l’azote – à plus de 90 % d’origine agricole – peut permettre de limiter ce phénomène", indique le rapport.

Quelles solutions ?

D’après la Cour des comptes, la réduction significative de ce phénomène ne peut donc intervenir qu’en "renforçant des actions pour une agriculture a faibles fuites de nitrates", autrement dit en changeant les pratiques agricoles. Le rapport déplore également le manque de moyens accordés aux plans anti algues vertes : 109 millions d’euros dépensés entre 2011 et 2019, un montant jugé "très modeste au regard des aides de la PAC en Bretagne", estimées entre 435 et 614 millions d’euros par an ces six dernières années. 

Réformer la Politique agricole commune est d’ailleurs l’un des cinq leviers identifiés par la Cour des comptes pour améliorer la situation. Elle estime par ailleurs qu'il faut étendre la lutte contre la prolifération au-delà des huit baies bretonnes actuellement concernées par les plans ; définir des objectifs évaluables et en suivre la réalisation ; renforcer les contrôles et enfin mobiliser les leviers du foncier agricole et des filières agroalimentaires, par exemple en conditionnant les aides accordées aux entreprises en fonction d'engagements sur la prévention des fuites d'azote.

@France Inter

Admin2 - 02 juillet 2021 à 18:16

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