Halte aux Marées Vertes

Philo Lecolo on 16/06/2018 09:06

La justice reconnaît pour la première fois que les marées vertes tuent


Les marées vertes tuent aussi ! Ce n'est plus seulement le titre d'un livre écrit avec André Ollivro,c'est le jugement du TASS de Saint-Brieuc. 48 ans après  le premier signalement de l'arrivée des marées vertes en Bretagne par le conseil municipal de Saint-Michel-en-Grève, pour la première fois une  cour  de  justice  reconnaît  qu'un  homme  est  mort  en  2009  en  transportant  des  algues  vertes pourries qui dégagent de l'hydrogène sulfuré.


On se doute bien que s'il a fallu 48 ans pour que ce risque sanitaire soit reconnu par la justice, c'est bien parce que tout un appareil d'Etat relayé par une quirielle d'élus régionaux, départementaux et locaux  a  tout  fait  pour  que  rien  ne  se  sache  sur  ces  dangers  mortels.  On  se  souvient  encore  des déclarations péremptoires et injurieuses d'un procureur qualifiant Thierry Morfoisse de personne à l'hygiène de vie douteuse, sur le thème c'est la victime qui est responsable de son malheur et surtout pas  les  pollueurs  empoisonneurs.  Même  chose  pour  les  victimes  des  pesticides  de  Triskalia, accusées  d'être  responsables  de  leur  empoisonnement !  Les  causes  sont  les  mêmes,  la  complicité sordide entre un groupe d'intérêts agro-industriels et les décideurs politiques.


Et  comme  la  roue  de  l'histoire  tourne  brusquement,  c'est  le  même  jour  qu'un  autre  tribunal condamne à Brest quatre membres de cette confrérie de l'agro-industrie qui se croyaient tout permis en brûlant l'Hôtel des Impôts à Morlaix en 2014. A eux de rembourser l'Etat à hauteur de 336 000 euros. Tout d'un coup, ils découvrent, eux habitués à tant d'impunité, que les casseurs doivent être les payeurs.


Que l'on ne s'y trompe pas. Tout cela n'est pas arrivé par hasard. Pour obtenir ce résultat, il a fallu d'abord la dignité et le courage des victimes et de leurs proches. Jamais Jeanne, Claude et Carolanne n'ont failli. Jamais ils ne se sont découragés, malgré toutes ces décisions de justice qui refusaient l'évidence  de  la  mort  de  leur  fils  et  de  son  père  tué  par  l'hydrogène  sulfuré  des  marées  vertes. Toujours,  ils  se  sont  battus,  comme  se  battent  contre  l'empoisonnement  aux  pesticides,  Edith, Laurent, Stéphane et tous les autres. 

Et ce qui a fait aussi la force de ces victimes, c'est la chaîne de solidarité qui s'est constituée autour d'elles. Des associations, un syndicat ont fédéré toutes ces indignations et ces énergies dispersées. Et au-delà, des citoyennes et des citoyens se sont battus pour que soient sanctionnée la casse des bâtiments publics par les mêmes qui cassent l'environnement et hypothèquent gravement la santé publique. A cela, il faut ajouter la haute compétence, le dévouement et l'engagement  d'un avocat, François Lafforgue et de sa collaboratrice Hermine Baron.


Toutes et tous, victimes et leurs proches, bénévoles, simples citoyens, hommes de loi sont entrés en résistance contre les intérêts économiques et les forces politiques qui les soutiennent, contre tous les reniements, contre la résignation et l'indifférence. La conclusion a été apportée par une institution judiciaire indépendante de toute pression avec des juges qui ont su juger en leur âme et conscience. 

Voilà  ce  qui  fait  de  ce  14  juin,  un  moment  historique,  un  tournant  décisif  dans  cette  défense collective des victimes de l'agro-industrie et dans ce combat pour la reconquête d'un environnement de qualité. A toutes les Bretonnes et à tous les Bretons de saisir cette chance que nous avons su provoquer  pour  qu'enfin  ils  imaginent  d'abord  et  choisissent  ensuite  un  territoire  enfin  régi  par l'intérêt commun et pour le bien-être de toutes et tous.


Pour Halte Aux Marées Vertes et Sauvegarde du Trégor, Yves-Marie Le Lay.

1 commentaire

Ou

Fustier Claude le 19/06/2018 - 19:31

ENFIN...! Pour la famille Morfoisse et tous ses soutiens.